lundi 12 avril 2010

1982: Surfaces.








vue de l'atelier (à Rennes).

Petite; Wasserfall; La mort qui rêve; Le vase antique; Intérieur; Grand baiser 1.

peinture acrylique & émail sur papiers collés et matériaux divers; 1 à 2 m2 chaque.


Sur un support constitué de rebuts d'atelier, de papiers de récupération et de dessins, contrecollés et blanchis, creusés, grattés, j'accumule jusqu'à saturation figures et marques, puis je « ferme la boite » par un geste de recouvrement (souvent un dripping). Il s'agit de matérialiser, jusque dans le support des peintures, la notion d'accumulation de fragments; peindre est un processus d'entassement de gestes et d'images, comme un répertoire de la peinture.


Notes de travail: Fragments,

(publié dans C'est Rien De Le Dire n° 2, Rennes, septembre 1982).


Le tableau est une surface matérielle que je couvre, non un espace projectif qui "contiendrait" des figures.

Palimpseste.

Choix d'un support (ou d'un mur) pour sa matérialité, ses accidents, la diversité et superpositions de matériaux, lesquels viendront perturber l'image c'est-à-dire enrichir le sens Outre la texture, (plis, coloration, irrégularité de collage, aspect parcheminé de ces panneaux), le recyclage d'éléments manifeste un refus d'origine, de neutralité de départ.

No future.

Variation et accumulation de poses, de figures, de morceaux, interminables études pour une oeuvre impossible à totaliser: ce que j'ai appelé naguère une "esthétique de l'échec". Mais Blanchot m'a appris depuis: "Ne nous confions pas à l'échec, ce serait avoir la nostalgie de la réussite".

Nulle argutie téléologique désormais pour ce qui me concerne.

Le soucis de l'inscription historique est le récit de la modernité, on n'est moderne qu'à flotter sur l'histoire. Après la glorification, la narration, et l'impression, c'est la demande faite au peintre : « ça apporte quoi (à l'histoire de l'Art) ? » Eh bien, je m'en fous.


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