dimanche 22 mars 2009

Paysages du Trégor (2003)









Doubles paysages du Trégor ( une carte & une vue )
peintures, acrylique sur papier Arches (105 x l75), 2003 .

Carantec, Diben-Loquémeau, Le Ferlas -Sud Bréhat, Trégastel,
Porz-Even, St Jean du Doigt, Les Triagoz.



Juxtaposer (verticalement, comme tableau et prédelle) une vue (issue d’une photo prise en mer), panoramique de 27 cm x 55, et une carte, carrée, 55 x 55. Cette carte est orientée de telle manière que son axe vertical corresponde à la direction du regard dans le paysage, du proche (en bas) vers le lointain (en haut): une manière de perspective.

L 'espace éprouvé est donc associé à une "vue du dessus": la carte (comme le plan pour l'espace architectural) entretient avec l'espace de l'expérience une relation qui m'intéresse parce qu'à la fois déterminée, cohérente et distanciée, expérimentable et abstraite, et au potentiel formel très ouvert.

Mettre en relation les deux moments dont se constitue l'expérience: la vue d'un paysage, changeant, la silouhette des côtes, l'estran avec les roches visibles ou non selon la hauteur de la marée, et aussi la lecture de ce paysage par des relèvements, ces mesures angulaires qui permettent de se situer sur la carte, ou par des alignements qui définissent une position comme regard.

Savoir où l'on est: c'est une question de point de vue !

dimanche 15 mars 2009

Iles (1997)







Iles
4 peintures, 50 cm x 50 cm, acryl et cire sur toile, plomb, 1997.

Je me souviens du ciel clair à Ouessant, de la bruyère, de la lande et d'ajoncs; de la transparence de la marée montante sur les galets de Sein; de varechs noir-rouge, entre la mer et (sous les pieds) les lichens ocre jaune sur la roche grise, à Groix.

A l'atelier il y a de la cire d'abeille, des rouges de cadmium et de fer, des jaunes aussi, de la toile de lin et de l'huile clarifiée au soleil, de l'outremer et du cobalt, du vert oxyde de chrome, de la gomme damar, une boite à outils, du graphite noir et brillant, du papier velin,

et quatre toiles avec un bord courbe comme l'horizon.

(Texte de présentation pour le catalogue de l'exposition "Iles et nous", à Ploufragan, Côtes d'Armor, 1997.)

lundi 9 mars 2009

paysages 96-98












premiers paysages: (96-98)

8 peintures sur papier ( tempéra sur Arches, 24,5 x 32,5cm ) 1996
2 peintures à la cire sur contre plaqué, 27 x 44, 1996
5 peintures (130 x 200); cire sur toile, 1997:

J'avais intitulés " Paysages " (vers 1996-98) des tableaux (encore "abstraits") où l’organisation colorée est structurée horizontalement, dans lesquels planéité et spatialité se rejoignent dans la forme arrondie du support. Cela faisait suite à un ensemble de peintures (les Mires, que je présenterai bientôt) où la composition se réduit à une suite de bandes de couleur verticales: basculées à l'horizontale, ces bandessuperposées évoquent un paysage.

Juxtapositions de champs colorés, en aplats plus ou moins vibrants ou texturés, élaborés par superpositions de teintes. Soit une surface: une simple ligne horizontale sépare (distingue) deux espaces, deux lieux: ciel et sol.
Outre les bandes horizontales de couleur, la découpe du bord supérieur en arrondi (soulignant la qualité d'objet du tableau) constitue un autre dessin, évocateur d’espace, horizon ou voûte céleste (je crois avoir remarqué cette forme dans des enseignes et des ex-voto de marine).
Le tableau est simultanément un objet et une image, et au lieu de choisir l'une de ces qualités contre l'autre, je cherche à les faire jouer ensemble: le dispositif pictural est voulu comme un aller-retour, un équilibre entre ce qui est perçu (actuel, matériel, et minimal) et un ailleurs suggéré, imaginé, représenté ou figuré.

dimanche 1 mars 2009

Paysages trouvés (2003)




Paysages de l’Almanach.
1 carnet (40 feuillets), peinture acrylique, 2003.


Paysages trouvés.

D'aussi longtemps que je les ai connus, j'ai admiré les dessins des Instruction nautiques indiquant routes et alignements pour qui vient du large. Au trait et noir sur blanc, parfois avec des nuances hachurées, ces gravures détaillent la ligne confuse de la côte, indiquant avec précision les points qu'il faut remarquer (ou se perdre ... ) C'est une perspective étrange, lointaine, où seule compte la ligne d'horizon, où les obliques au lieu de fuir relèvent les amers et révèlent le passage, pour l'oeil.
Je n'ai pas fini de faire appel à ces motifs si particuliers.
Il y a dans L'almanac'h du marin breton un ensemble de ces paysages, dont j'ai démarqué une suite de huit schémas. Cette séquence de motifs est reproduite au calque et répétée en variant les propositions plastiques, ce qui a donné lieu à un carnet de petites peintures.