samedi 31 octobre 2009

27/ Jardins (1)




(1ère série, 1991)

Le thème du jardin prolonge une réflexion sur l'espace, sur les relations du tableau et du mur, menée précédemment autour de figures architecturales. Un jardin, classiquement, articule l'espace construit, l'architecture, à l'espace ouvert, sauvage, béant. Comme une architecture, un jardin est d'abord un plan, qui peut être traité picturalement; c'est en quelque manière une architecture destinée à rester à l'état de plan, d'étendue disponible et lisible.

Ce sont des diptyques, dont l'une des parties est un rectangle (180x150), et l'autre déformée en trapèze (180x140/160); d'où un jeu sur la régularité attendue des formats, une frontalité perturbée, une sorte d'anamorphose qui « agit » sur l'espace du regardeur, l'espace en-avant du tableau. Ces jardins, dont la géométrie n'est régulière qu'en apparence, sont inspirés par des plans de Le Nôtre, et leurs jeux obliques extrapolent un de ses préceptes: "...pour bien disposer un jardin :...le faire apparaitre plus grand qu'il n'est effectivement. ..., afin que les pièces en deviennent barlongues et plus gracieuses à l'oeil."


mardi 20 octobre 2009

26/ mires (4)





1 tablette (40 x 58 cm) et 3 estampes (sur 5), (50 x 65 cm); série J.

Ces estampes sont réalisées par impression directe du support-tableau sur le papier: ce sont des déperditions, à la manière de monotypes (qui seraient reproductibles à l'identique puisque chaque "planche" est monochrome).
En gravure ordinairement, la matrice est une étape technique qui ne sort pas de l'atelier; ici au contraire, c'est l'élément premier et , à part entière, une oeuvre autonome: il s'ensuit que la matière picturale utilisée devra être la même pour la "tablette" et pour l' "estampe", compatible et adéquate à l'une comme à l'autre.
L'encre d'imprimerie ne convenant pas à la texture recherchée pour les tableaux, j'ai employé une peinture à la cire liquéfiée et graissée, se rapprochant donc de la peinture à l'huile quelquefois employée par les peintres pour la gravure sur bois et le monotype.

mercredi 14 octobre 2009

25/ mires (3): Estampes (1997)











Mires: Les estampes (1997)

Les estampes sont des « déperditions », impression directe sur papier des Tablettes.

Le support de la peinture dans la série tablettes est formé de planchettes de bois indépendantes ; ces éléments solides jouent ici le rôle de la matrice dans la gravure.
Le papier (vélin d'Arches) reçoit d’abord une couche d’impression (qui protège également le papier) , dont la variation (4 teintes, ocre jaune, ocre rouge, verte, bleue, et incolore) va moduler l’aspect final des estampes. Puis le planchette est enduite de peinture (huile et cire) et appliquée sur le papier (dans l'ordre de la composition: pas d'inversion); la pression manuelle donne un report irrégulier de la couleur, et la modulation par transparence avec la couleur de préparation.

vendredi 9 octobre 2009

24/ mires (2)









Mires: Tablettes (1997).

8 reliefs muraux, cire sur tasseaux de bois + étagère, h = 40 cm, largeurs variables.

Une « tablette » est un relief mural: c’est un tableau, et c’est un objet.
Un objet fractionné, morcelé (comme dans nombre de pièces antérieures), dont la cohésion est assurée par la tablette-socle, comme une ligne horizontale à hauteur de regard.
Un objet, en relief, dont la tridimentionalité est soulignée par l’appui des éléments peints sur un support et contre le mur ; c’est-à-dire que la peinture n’est pas parallèle au mur, tout en restant une chose frontale.

Ces peintures sont construites comme des interprétations de tableaux de maitres.
Dire la peinture, regarder plus attentivement en nommant et en notant les teintes. La composition, modulation articulée de surfaces et de tons, est ainsi ramenée à une suite réduite de couleurs, enchainement linéaire déjà induit par le langage.
(La « vérité en peinture » aurait été pour Cézanne une affaire de parole. Et je me souviens des « esquisses perceptives du tableau /la maison du pendu/ peint par Cézanne» faites par Rémy Zaugg.)

La largeur de chaque surface de couleur est modulée en fonction de l'importance de la teinte dans la composition considérée, de la tonalité restituée, des écarts, des proximités, des juxtapositions.
Les couleurs, littéralement, « se détachent » du fond. Les « tablettes » sont constituées d'un support étroit en bois brut, et d'un nombre variable de tasseaux peints, simplement posés.