vendredi 19 février 2010

Hommage à Paul-Emile Pajot









Hommage à Paul-Emile Pajot

8 peintures, acrylique sur papier vélin, 65 x 50, 2009.


Des formes complexes, et en mouvement, remplacent ici le bloc minimaliste de la « balise ».

Ce sont des motifs de chaloupes de pêche à la voile, telle que les a détaillées Paul-Emile Pajot -marin pêcheur des Sables d'Olonne, et peintre - au début du XX°s. J'ai aimé dans ses peintures la manière de rendre frontales les formes courbes, deux triangles qui mettent à plat le creux des voiles, l'animation graphique des précisions du gréement, la couleur en aplat.

Les surfaces sont colorées par des recouvrements successifs, et le graphisme apparait en réserve, en retrait par rapport aux plans. La composition retient le motif dans la partie supérieure du format, créant une distance (comme une perspective) qui fait jouer dialectiquement l'image et la plasticité.

mercredi 10 février 2010

Où peindre?





Deux expositions simultanées (Galerie du Chai, St-Brieuc, et à l'atalier, Paris) 1995.

Un plan est une coupe horizontale de l'espace architectural, une figure que l'on peut aborder dans tous les sens. Le tableau au contraire est une surface verticale, et orientée avec un « haut » et un « bas ». Le travail du tableau est donc d'abord, dans toutes mes peintures sur un motif architectural, redressement du plan et orientation du motif: le tableau, "mise à plat" de l'espace, est positionné verticalement, et produit un basculement de l'espace vers un plan vertical.

Prendre en compte le sol du lieu d'exposition, c'est-à-dire cette étendue en avant du tableau. Confronter ainsi la picturalité à un espace qui resterait ouvert (que partageraient l'oeuvre et le spectateur : un espace "sculptural"?).

Déplacement: lors de l 'exposition Où peindre ? à la Galerie du Chai (à St-Brieuc), des peintures au motif de l’atelier sont présentées dans la galerie, tandis qu’une figure de la galerie est montrée à l’atelier (tableau au sol, dialoguant avec un dessin au mur).


dimanche 7 février 2010

Le Sol




Tableaux pour le sol: (1995)

Des pièces circulaires, roues de bois, cerclées de fer, surface, légèrement bombées: (l'une, autonome, diam 90 cm; et un diptyque (de deux fois 70cm). La composition est basée sur des détails du plan de l'atelier: le travail de peinture doit contrebalancer le poids et la nature de l’objet.

Une figure en 2 parties de la galerie du Chai (bois, 1m2 environ).

Le sol

Remettre à plat ce que la peinture redresse.

Le tableau redresse l'espace à la verticale et le transforme en image. Contrairement à l'espace architectural, disponible et ouvert, l'espace pictural exclu le spectateur : on est toujours en dehors et en face d'une surface frontale et impénétrable.

Un tableau pour le sol doit être une sculpture plate. C’est à dire montrer sa réalité physique d’objet dans l’espace réel, celui de l’expérience, du spectateur. Contrairement à ce que définit le tabulaire, le spectateur n’est plus immobile et en face, mais mobile et tout autour. Ce travail du sol règle la peinture (pure visibilité) par rapport à l'architecture (espace ouvert, disponible), et au déplacement du spectateur (espace de visibilité).