mardi 30 mars 2010

citations




Intérieur, peinture vinylique sur papier, 100x150 cm environ, 1982;

L'invitation au voyage: peinture vinylique sur toile, 120 fig., 1982.


Ou comment réagir à la « figuration libre » (qui venait de balayer avec désinvolture tout le sérieux un peu besogneux que l'on enseignait aux Beaux-Arts) par un foisonnement que je voulais jubilatoire de figures et d'images (« citations » disait-on), figurés librement.

Les Muses y sont vraiment filles de Mémoire!

mercredi 24 mars 2010

sur le mur, 1






sur le mur, 1

peinture vinylique sur papier, brique, bois, mur, 160x130 environ, 1980


Ce qu'alors j'écrivais à propos de mes peintures:

Notes de travail d'un étudiant, 1980:

Du tableau.

Le morcellement de la peinture en éléments séparés, et la construction mobile sur le mur, déstabilisent le concept tabulaire :

- en tant que continuité temporelle: un tableau est un lieu stable, établi, un état; l'acrochage d'éléments modulaires, séparés, introduit des possibilités de transformations partielles, d'extensibilité, de remplacements, etc .

- en tant que continuité spatiale: un tableau est un lieu clos, limité, détachable; ici l'espace pictural est discontinu, il laisse circuler l'intervalle, le "vide".

- en tant qu'objet bi-dimentionnel : un tableau est un plan, une profondeur trompe-l'oeil; ici le volume pictural ne montre comme profondeur que son épaisseur même.

Frontalité.

Entre la brique et la peinture, il n'y a nulle antériorité de l'un sur l'autre.

Dans le renvoi peinture / sculpture, s'engage une problématique tabulaire, d'épaisseur. Le déplacement des pertinences défait les frontières entre les genres et la taxinomie des objets.

Il ne s'agit pas de sculpture, les éléments en volume ne travaillent pas dans l'espace du spectateur.

S'agit-il de peinture, si la modernité définit comme spécifique du pictural l'élément chromique, l'élaboration du monochrome ?

Peut-on peindre avec autre chose que de la couleur, et autre chose qu'une surface plane et continue ? Il s'engage là une redéfinition de la picturalité, de la bi- et tri-dimentionalité de l'objet plastique, de la frontalité comme axe de pertinence entre la picturalité et la sculpturalité (que dire du bas-relief ?) .

Pariétalité.

Disloquée la cohésion tabulaire, les vides du mur et les contrastes d'éléments nécessitent de retendre la partition.

A suivre l'idée de palimpseste, le dessous fait sens, dès lors que le mur (la « cimaise ») est le lieu du procès pictural, sa surface d'inscription. La pariétalité apparait comme le fondement d'une picturalité non tabulaire.

De même que la frontalité, plus que la planéité, est pertinente pour démarquer le pictural du sculptural, la pariétalité - notion inséparable de celle de cavité - distingue du mural, qui peut se rencontrer de l'extérieur, et par là de l'architectural. La pariétalité est une notion picturale: où ancrer une pratique monumentale de la peinture, puisque fondant la signifiance du pictural dans l'épaisseur du mur.



dimanche 21 mars 2010

Commencement







St Luc 1 & 2, peinture vinylique sur papier marouflé sur toile, 140x200, 1979.

Piero 1 à 4, peinture vinylique sur papier, marouflé sur toile, 130x200, 1979.


Vont suivre durant plusieurs semaines des pages présentant mes travaux des années '80: c'est là, il y a plus de trente ans, la mise en place d'un espace de travail:

Faire des peintures, c'est alors construire le tableau dans la mémoire de la peinture, c'est travailler le rapport entre ce qui est présent et concret, et ce que cela montre ou dit.

Une série de travaux (de 1979) est basée sur un dispositif restrictif et fixe, travaillant en variations.

Axiome: l'espace, c'est le rapport entre les strates de peinture.

"La sédimentation qui fait reculer l'oeil fait avancer le regard, renversement du proche et du lointain, chiasme constitutif de l'effet de profondeur". (Pierre Arnaud)

Le découpage du support fait circuler des "bords intérieurs" et le support au coeur même de ce qui est donné à voir, et ainsi pose le fond, le dessous comme « limite »: ce n'est pas l'écran traditionnel, le "plan originel" (selon Kandinsky) où en toute neutralité serai reçue la peinture. La picturalité se nourrit et se constitue du "dessous" : le lieu est déjà du tableau.

Les bords se redoublent à l'intérieur du cadre, en un quadrillage où s'origine la surface. De grille (mise au carré) plaquée sur une surface, le quadrillage devient possibilité même de surface : échiquier.

Le marouflage final de ces carrés de papier peints font de la construction de la surface la première et la dernière opération picturale.

Puis la suppression du marouflage, qui fige les éléments peints en « tableau », et l'accrochage éphémère et mobile des unités sur le mur, vont inscrire la picturalité dans l'architecture. (1980)


mercredi 3 mars 2010

Les barques de couleur






Les barques de couleur.

5 peintures, avec relief en plomb, pigment, cire, sur bois et toile, 40x40, 2009.


J'ai souvent admiré la qualité, la présence et aussi le mystère des surfaces que montrent certaines oeuvres d'art primitif: pigments (des ocres, de la chaux), matières organiques indécises (« sacrificielles ») aux croutes impalpables, affleurements de traces fragiles mais tenaces.

L'intention de ces pièces, au départ, était de qualifier un matériau, un pigment: le présenter brut, en son éclat, et l'associer une matière picturale dense.

La « demi-coque » (qui généralement est vidée de sens sur son support verni) devient ici le réceptacle en plomb du pigment pur. Forme en fort relief, et pleine, elle s'inscrit sur la surface plane du paysage en deux tons, et les traces du pigment poudreux et volatil relient les deux espaces.