dimanche 29 novembre 2009

31/ Fabriques (2)






Le four à chaux (février- avril 93)
dessins, peintures sur papier,
& 3 tableaux (180 cm X 160 cm) , cire et plomb sur toile.

On aperçoit depuis le TGV, 5 mn avant Laval, deux fours à chaux, très monumentaux.
Vision furtive, puis répétée pour au fil des voyages et des oublis, pour se détailler, et compléter l'image de cette « fabrique », forme géométrique massive, tronc de pyramide sur base rectangle, vue frontale très brève (regard mobile, alerte: enregistrer les détails, les proportions, les couleurs, les parasites aussi, anecdotes, branchages, guérite sur le toit... - appareil, bandeau, trois porches...)
Vision, regard.
A partir de ça, faire un, des tableaux?
D'abord, une idée formelle simple: remettre sur une surface de grand format ( = mur ) la figure découpée des fabriques en petit format: la figure frontale juste posée sur une ligne, un horizon.
Au cour du travail, tout effet a été réduit, dans une recherche de monumentalité; les fond ont été simplifiés, et tendent à la neutralité, vers le monochrome, le blanc (à la fois espace et métaphore du mur). L'emploi du plomb amène la présence tactile d'un matériau lourd, sculptural)tout en donnant un poids pictural aux éléments iconiques (détails, appareil de maçonnerie, perspective, côté baigné d'ombre).

lundi 16 novembre 2009

Fabriques (1)






Ce n'est pas une série organisée, mais un ensemble (ou des ensembles) de petits tableaux avec un coin supérieur coupé (allusion au coup de massicot qui, dit-on, sanctionnait les mauvais dessins rejetés par l'enseignement académique).

Ce sont des tableaux-objets (petits formats à tranche épaisse, et matière dense), peints par intermittence de 1992 à 96. qui articulent une figuration réduite au minimum et une expérience sensible.

D'emblée, cette série est figurative: le motif (architecture vernaculaire de sites industriels, vus depuis la fenêtre de mon atelier à Pantin) se rapproche de l'élévation, ou vue frontale. Presque, puisque la forme trapézoïdale suggère un coté du bâtiment, évoque la troisième dimension: l'oblique est la figure d'une perspective minimum.


mercredi 11 novembre 2009

29/ Jardins (3)






jardins morcellés: Quatre petits polyptyques (1992);


Un motif de jardin "à la française" est ramené à ses formes principales, sans les broderies baroques des parterres; ce sont des jardins élémentaires (quatre parterres et un bassin central).

Dans ces petits polyptyques, chaque partie du "dessin", chaque parterre est un objet peint autonome et fragmentaire (ll y a 5 objets-parties). Reconstituée sur (et par) le mur, conditionnée par l'accrochage dans l'espace réel, la figure n'est qu'une " possibilité " du tableau.

Les tableaux tendent sinon au monochrome du moins à une forte réduction, pour valoriser une plus grande présence de l'objet par rapport à l'image. Ce qui est renforcé par la recherche d'une matière dense (de la cire), et l'emploi de plomb pour figurer l'eau des bassins.

Le choix des gammes colorées reste l’aspect le plus subjectif, et ne se prête pas à une caractérisation univoque. Les considérations plastiques (harmonie, contrastes) sont confrontées à une matériologie : les pigments, les pâtes colorées, les gestes, la stratification picturale .

Ce travail sur l'espace (le dialogue tableau-mur) joue des aller-retour entre le lieu représenté (ramené au plan qui l'organise) et l'espace environnant le regardeur; écart entre l'expérience hic et nunc d'un objet pictural sur un mur et un espace figuré, imagé, mental; écart entre la manière dont on perçoit l'espace et celle dont on le figure (plutôt que représente): écart entre l'image, qui est un "non-lieu", et le tableau, objet concret de l'expérience. 

mardi 3 novembre 2009

28/ Jardins (2)





28 Jardins (2)

(2ème série, 1992)

"Versailles nord" :

Un plan peut être pris dans tous les sens, et demande à être orienté. Ici, subjectivement, je choisis l'itinéraire de ma promenade in situ comme direction principale, et place ce tracé dans l'axe vertical du tableau: ainsi, sur le plan sans profondeur, la direction suivie par la marche et le regard prend la place (et vaut pour) le rayon visuel principal (ou central) de la projection perspective; (le diptyque : aller et retour). 

Le plan-paysage "tourne autour du regard." Double basculement spatial: horizontal/vertical et proche/lointain.

"Chantilly":

Le tableau est déformé en trapèze, le bord supérieur est oblique : c'est une anamorphose, de manière à ralentir ou accélérer, selon le sens, la perspective: un tableau pour un couloir.

"La Villette"

Autre organisation, horizontale et panoramique, du diptyque (qui est la forme minimale du morcellement).

Jardin polyptyque:

Un tableau porte la moitié du plan, le motif est complété par des objets-tableaux fixés indépendamment sur le mur, qui ainsi devient le "fond" et achève la figure. Il s'agit ainsi de manifester l'écart entre l'image, qui est un lieu mental, et le tableau, objet concret de l'expérience. Du plomb matérialise l'eau du bassin: un matériau "sculptural", quand la peinture se fait objet.