


(1ère série, 1991)
Le thème du jardin prolonge une réflexion sur l'espace, sur les relations du tableau et du mur, menée précédemment autour de figures architecturales. Un jardin, classiquement, articule l'espace construit, l'architecture, à l'espace ouvert, sauvage, béant. Comme une architecture, un jardin est d'abord un plan, qui peut être traité picturalement; c'est en quelque manière une architecture destinée à rester à l'état de plan, d'étendue disponible et lisible.
Ce sont des diptyques, dont l'une des parties est un rectangle (180x150), et l'autre déformée en trapèze (180x140/160); d'où un jeu sur la régularité attendue des formats, une frontalité perturbée, une sorte d'anamorphose qui « agit » sur l'espace du regardeur, l'espace en-avant du tableau. Ces jardins, dont la géométrie n'est régulière qu'en apparence, sont inspirés par des plans de Le Nôtre, et leurs jeux obliques extrapolent un de ses préceptes: "...pour bien disposer un jardin :...le faire apparaitre plus grand qu'il n'est effectivement. ..., afin que les pièces en deviennent barlongues et plus gracieuses à l'oeil."

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