




jardins morcellés: Quatre petits polyptyques (1992);
Un motif de jardin "à la française" est ramené à ses formes principales, sans les broderies baroques des parterres; ce sont des jardins élémentaires (quatre parterres et un bassin central).
Dans ces petits polyptyques, chaque partie du "dessin", chaque parterre est un objet peint autonome et fragmentaire (ll y a 5 objets-parties). Reconstituée sur (et par) le mur, conditionnée par l'accrochage dans l'espace réel, la figure n'est qu'une " possibilité " du tableau.
Les tableaux tendent sinon au monochrome du moins à une forte réduction, pour valoriser une plus grande présence de l'objet par rapport à l'image. Ce qui est renforcé par la recherche d'une matière dense (de la cire), et l'emploi de plomb pour figurer l'eau des bassins.
Le choix des gammes colorées reste l’aspect le plus subjectif, et ne se prête pas à une caractérisation univoque. Les considérations plastiques (harmonie, contrastes) sont confrontées à une matériologie : les pigments, les pâtes colorées, les gestes, la stratification picturale .
Ce travail sur l'espace (le dialogue tableau-mur) joue des aller-retour entre le lieu représenté (ramené au plan qui l'organise) et l'espace environnant le regardeur; écart entre l'expérience hic et nunc d'un objet pictural sur un mur et un espace figuré, imagé, mental; écart entre la manière dont on perçoit l'espace et celle dont on le figure (plutôt que représente): écart entre l'image, qui est un "non-lieu", et le tableau, objet concret de l'expérience.

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